Présentation

 Jean-Marie Gandois

Ce blog a pour objet de vous proposer des extraits de mes productions artistiques, de vous faire part de quelques réflexions. 

Votre avis est bien sûr le bienvenu.

      
Vous pouvez m'écrire à jm.gandois@yahoo.fr

Publications

" Le monde sucré de Kersti", Mon premier recueil de nouvelles édité chez Yvelinédition, 12€.

Commandes auprès de l'auteur : jean-marie.gandois@wanadoo.fr

Auprès de l'éditeur : yvelinedition@neuf.fr

Egalement sur alapage.com, amazon.fr, fnac.com, ou chez votre libraire

   

 

  Deuxième recueil de nouvelles, "Adagio Affettuoso", également publié chez Yvelinédition, au prix public de 18€.

 

adagio 

Alors que tant de mort rôde autour de mes songes

Eclaboussant papiers, écrans, de ses mensonges ;

Que tant de violence aujourd’hui se répand,

S’insinue en nos âmes, comme fait le serpent ;

Que d’aucuns s’ingénient à semer la discorde,

Bâtissant des discours de potence et de cordes.

 

Alors que le noir coule au lit de l’Achéron ;

Alors que l’arbre meurt au bras du bûcheron,

La vie crée de la vie ; et te voilà, naissante,

Petite vie nouvelle enjouée, souriante,

Que nous attendons tous, tant ivres de futur,

Désireux d’adoucir nos visages si durs.

Dimanche 5 février 2012, le Salon du Livre de Chatenay-Malabry organisé par le LIONS CLUB ouvrira ses portes de 10h à 18h30.

Lieu : Salle des Seniors, Square Léo Lagrange, Rue Henri Barbusse, à Chatenay-Malabry.

J'aurai le plaisir de dédicacer mes deux recueils de nouvelles "Le Monde sucré de Kersti" et "Adagio Affettuoso".

Parmi de nombreux auteurs et éditeurs de romans, poésie, bandes dessinées, il y aura les Editions de la Maison Rose, maison créée par ma fille Bénédicte et son mari, situés en Suisse à Cossonay.

 

A bientôt

Le miel de l’automne s’écoule dans les veines de l’arbre,

Doucement, lentement, peut-être tendrement,

Jaunissant ses larges feuilles déjà dorées par les rayons rasants du soir

Gardant au cœur l’espoir

Qu’après coup de balai de monsieur Hiver,

Dont on entend les bruits de sabots encore lointains,

Une sève nouvelle éclatera les bourgeons déjà frémissant d’impatience

A la pointe des plus hautes tiges caressant le ciel.

 

Demain,

Demain les vents et les frimas auront beau montrer leur grosse voix

L’arbre sait que la vie est en lui aujourd’hui,

Indestructible, immuable, et, en faisant le gros dos,

Qu’il lui suffit d’attendre un peu et de laisser passer.

 

Aujourd’hui,

Il penche un peu sa tête pour humer l’odeur tiède des graviers de l’allée qui le borde

Il vrille un peu son tronc au soleil pour se réchauffer encore un instant,

Déguste les rires des enfants jouant à se faire peur, autour de lui,

Entend le clapotis de la source amène, et trouve cela bel et bon.

 

Hier encore,

Sa ramure Véronèse rafraîchissait nos têtes ;

Il étirait sa canopée rien que pour nous protéger de la morsure lumineuse,

Rien que pour offrir plus d’espace aux petites pattes griffues,

Rien que pour boire la lumière et se fortifier avant la morte saison.

 

Hier comme aujourd’hui et encore demain

Je crois qu’il sait que je l’aime et qu’il me fait du bien :

Il me l’a dit tôt ce matin, à mon oreille collée contre son écorce vivante.

 

Je crois que le ciel va changer

Et que tes ailes d’ange vont t’emporter

Loin de moi, loin du nid devenu trop petit.

J’ai vu dans le regard de ce jeune homme,

L’image de tes lèvres croquant la pomme

A peine tombée de l’arbre du verger.

Je crois que le ciel va changer.

 

J’ai encore, collés sur ma rétine,

Tes jolies baskets du dimanche,

Ta tresse blonde et ta poupée Blandine,

Le tartan de ton kilt, le ballon de tes manches,

Et tes jambes légères sur la balançoire,

Ton rire clair en écho à mes histoires.

 

Je crois que le ciel va changer

Et que tes ailes d’ange vont t’emporter

Loin de moi, loin du nid devenu trop petit.

Tes « Au revoir Papa » ne sonnent plus pareil

Et mes nuits de ténèbres attendent le réveil.

Tes baisers sont plus courts et ta chambre est rangée.  

Je crois que le ciel va changer.

 

Ton jardin d’été ressemble à l’hiver

Depuis que tes petits pas japonais

N’effleurent plus les fleurs. Le portail ouvert

Essaie encore de te retenir à jamais.

Mais IL t’attend dehors près de l’ancien four.

Il me semble que ça ressemble à l’amour.

 

Je crois que le ciel va changer

Et que tes ailes d’ange vont t’emporter

Loin de moi, loin du nid devenu trop petit.

Je crois que le ciel va changer

C'est en faisant quelques rangements que je suis tombé sur ces deux poèmes datant... du siècle dernier. Je vous les livre tels quels.

 


Soir d’hiver

La nuit s’était lovée dans le lit de la Seine.  

Quelques bateaux illuminaient les quais

Et projetaient au loin leurs ombres vers Suresnes.

Sur le pont, deux ou trois noctambules vaquaient.

Tout semblait endormi aux brumes de l'hiver.

Des lampadaires chuchotaient, le dos courbé,

Une maigre lumière. Quand soudain, au travers,

Je te vis, émergeant de l’obscure clarté.

Combien tu étais belle en ton habit de lune,

Ton écharpe nouée comme pour te cacher

Des regards curieux que transcendait la brume,

Pressant le pas en direction du vieux clocher.

 


Ma ville

 

C’est vrai

Que chaque soir se gonfle ton ventre putride

Ville enceinte d’autobus, de métros, de noires pollutions,

Et dont l’accouchement n’est que douleurs fétides

 

C’est vrai

Que tes poumons exhalent l’âcre fumée

Que ta Seine dégouline comme pisse le chien

Entre trois ponts blafards, deux îles, et le ciel noir

 

Mais à l’aube,

Bien après que le dernier fêtard ait vomi sa solitude

Dans les rigoles du désespoir,

Bien après que le clochard se soit enfin endormi,

Rêvant d’un miracle improbable

Après que la putain ait rejoint sa vraie couche

Repensant à ce fils qu’elle eut abandonné

Bien après que la nymphe se soit usé la bouche à des sexes de passage

 

Alors, alors,

L’air descend doucement incrustant les gargouilles

Les noircissant comme on imprime le temps

Palimpseste éternel

Alors jaillit soudain d’entre les tours de Notre-Dame

L’astre de vie.

Alors entend-t-on le premier cri du bébé naissant

Alors la lumière se répand comme vague emportant toute ta misère

Alors je veux croire encore et encore que tu es belle

Et que la vie l’est aussi.


 

 


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