Présentation

 Jean-Marie Gandois

Ce blog a pour objet de vous proposer des extraits de mes productions artistiques, de vous faire part de quelques réflexions. Votre avis est bien sûr le bienvenu.

 

Vous pouvez m'écrire à jm.gandois@yahoo.fr

Publications

" Le monde sucré de Kersti", Mon premier recueil de nouvelles édité chez Yvelinédition, 12€.

Commandes auprès de l'auteur : jean-marie.gandois@wanadoo.fr

Auprès de l'éditeur : yvelinedition@neuf.fr

Egalement sur alapage.com, amazon.fr, fnac.com, ou chez votre libraire

Qu’est-ce qu’un ciel sans nuage ?

 

Une lande déserte où ne pousse aucun arbre ?

Une fleur bleue stérile incapable de fruit ?

L’eau stagnante d’un puits dont on ne voit nulle onde ?

Une voix monocorde à endormir les rats ?

Un visage sans sourire ?

Un air que l’on respire sans s’en apercevoir ?

Une vie de légume chère à nos prix Nobel ?

Un mets fade où tout manque (hors l’énergie stupide) ?

Un vin mal charpenté dont l’ivresse est absente ?

Un cidre doux ?

Un coca light ?

Des possessions partout mais pas une émotion ?

Un néant amnésique où même les particules

N’osent se rencontrer par peur du ridicule ?

 

J’aime ton ciel changeant, ta peau blanche et piquée

De cent petits défauts qu’Amalthée te donna.

J’aime ta cicatrice cachée au creux du sein,

Ta voix tout en nuances,

Tes yeux changeants,

Ton rire clair, campanella,

Une larme parfois, mais bien vite asséchée,

Tes boucles intrépides bravant les alizés,

Tes châteaux en Espagne et tes moulins à vent,

Tes jupes de bohême et ton dressing parfait.

Jamais où l’on t’attend, toujours où l’on t’espère.

J’aime que tu sois là quand, moi, je suis ailleurs

Perdu dans le « sérieux », incapable de jeu,

J’aime ton air mutin qui me réveille un peu.

J’aime ton ciel et tes nuages et toi, vivante.

 

Si j’étais une fleur

           Je serais un bleuet ;

Si j’étais une rose,

           Je n’aurais point d’épines ;

Si j’étais animal,

           Je serais un chat tendre ;

Si j’étais montagne,

            Je serais les Alpilles,

            Et je respirerais chaque jour que Dieu fait

            Thym, Sarriette et lavande à m’en saouler les pics ;

Si j’étais Planète,

            Je serais Mars.

            Je reconstituerais l’atmosphère perdue

            Et les vertes prairies peuplées de mille espèces ;

Si j’étais étoile,

            Je serais Bételgeuse, Arcturus, Antarès ;

Si j’étais galaxie,

            Je serais Andromède.

            Je t’envelopperais de mes bras galactiques,

            Te serrerais au cœur pour te faire un baiser ;

Si j’étais au Tartare,

            Je reverrais Sisyphe

            Et le délivrerais de son exil stupide.

            J’irais voir mon ami Hadès, le doux et sage,

            Et lui demanderais d’accorder son pardon.

Si j’étais longueur d’onde,

            Je serais l’Esthétique,

            Et je te donnerais mille courbes gracieuses,

            Des couleurs, un sourire, et des sons vertueux ;

Si j’étais Dieu…

            Je pleurerais tout le jour.

Et si j’étais un Homme,

            Je serais

            Une Femme.

Savez-vous que nos agapes accompagnant le passage de 2009 à 2010 étaient très en avance sur la réalité ?

En effet, en cette année 2010, ce n'est que le 3 janvier à 0h12 (Temps Universel) que la Terre a passé par son périhélie (point de l'orbite le plus proche du soleil).

Selon l'année, ce point est atteint entre le 2 et le 5 janvier. C'est l'ensemble Terre-Lune qui possède une orbite elliptique (presque circulaire) autour du Soleil.


On peut considérer, en négligeant l'influence des autres planètes, que le barycentre Terre-Lune suit une orbite elliptique "parfaite", mais le centre de la Terre, lui, se promène de part et d'autre de cette orbite en suivant les caprices de dame la Lune ! Cette déformation de l'orbite suffit à déplacer le périhélie de quelques jours.

Ce retard n'est pas encore très important mais, sachez qu'en 2350, on devra fêter le nouvel an le 9 janvier à 21h18. Faudra faire quelque chose côté calendrier !

Le temps entre deux passages au périhélie, s'appelle l'année anomalistique. Il vaut en moyenne 365 j 6h 13m 53s.

C'est donc aujourd'hui, Dimanche 3 janvier qu'il faut fêter le nouvel an. Alors BONNE ANNEE A TOUTES ET A TOUS !

Elle avait, de la lumière, son regard.

Elle avait, de l’énergie, sa volonté.

Elle avait, de l’espace, son immense affinité.

De la matière, elle avait modelé un corps de Reine ;

De la couleur, elle en avait peint ses yeux et ses lèvres ;

De l’esprit, elle en avait saisi l’intelligence ;

Du vent, elle en avait fait un jeu

Soulevant ses boucles dorées ;

Des formes et du mouvement

Elle en avait fait un Art.

A sa manière de se mouvoir

Elle animait Botticelli ;

Sa peau lumineuse était Vermeer ;

Sa voix était Pamina ;

Ses yeux, onyx ;

Ses gestes, Siam.

Et quand elle disait « Bonjour »

Tu ressentais « Bon jour ».

Quand elle te regardait

Tu ne pouvais mentir.

Distance ? Pas. Elle était là.

Le temps n’existait pas pour elle.

Sa communication était une évidence

Et évident était son rire… que j’entends au fond de moi.

Réalité ? Mon univers ? Peut-être.

Ach, ich fühl's, es ist verschwunden(*)

 

 

(*) Ah, je le sens, il s'est enfui – Air de Pamina - Die Zauberflöte – Wolfgang Amadeus Mozart

De retour de Kinshasa, j'ai décidé d'écrire une histoire qui se passerait là-bas.
Voici le début de cette histoire :



Une feuille morte sur le fleuve Congo

 

 

Comme chaque jour à Kinshasa, les embouteillages dans l’avenue du 30 juin étaient indescriptibles. Rien à voir avec les embouteillages parisiens où les automobilistes prennent leur mal en patience d’une manière relativement disciplinée. Ici, dans cette gigantesque mégapole de 8 millions d’habitants, quantité de carcasses roulantes, toutes plus déglinguées les unes que les autres, envahissent les trottoirs en terre, se poussent les unes les autres de façon anarchique, accélèrent en dégageant d’épais nuages de fumée noire mêlée à la poussière. Des minibus cabossés, à base de petits fourgons tôlés dont on avait découpé les côtés pour y adapter des vitres de toutes formes provenant de carcasses de voiture, tentaient de se frayer un chemin. La plupart n’avait ni phares, ni feux arrière et roulait tant bien que mal, bourré à craquer de passagers, essayant d’éviter les nids de poule. On pouvait voir aussi de magnifiques « Hammer » ou « Cayenne » comme dans tous ces pays d’Afrique où, hélas, la pire des misères côtoie une richesse insolente.

Gérard pestait à l’arrière de la voiture. Son chauffeur, lui, ne s’énervait pas. Il était payé pour ça - un salaire mensuel qui devait avoisiner le huitième du tarif journalier de Gérard. Il savait qu’il fallait bien 10 minutes pour seulement traverser cette immense artère et amener son client de l’autre côté, chez KinCom, la multinationale de télécommunications pour laquelle l’employeur de Gérard, GMPK, l’avait envoyé comme  Commissaire aux comptes. Gérard pestait car il avait rendez-vous à 15h avec le Directeur Financier et il était là, à 14h55, bloqué, enfermé, au milieu d’une mer de tôles, de roues, de milliers de piétons miséreux suffoquant de chaleur, respirant une poussière sableuse mêlée de gaz d’échappement, et proposant derrière les vitres cartes de Kinshasa, eau en bouteille, montres « Rolex », téléphones portables et autres gadgets. La chaleur avait atteint son point culminant malgré le ciel perpétuellement gris. En effet, depuis un mois qu’il auditait les comptes de KinCom, Gérard n’avait pas encore vu de ciel bleu ni de véritable rayon de soleil. Parfois, le soir, lorsqu’il allait dîner au restaurant « La Piscine », il pouvait apercevoir la lune dont la couleur ambrée trahissait l’épaisseur de la couche de pollution.

La Mercédès bondit soudain. Un trou dans le flot de circulation venait de se présenter et le chauffeur avait aussitôt enfoncé l’accélérateur pour profiter de cette occasion inespérée. Le 4X4 se fraya un passage en deux ou trois coups de volant.



Pour ceux qui veulent lire la suite en téléchargement :

Une feuille morte sur le fleuve Congo
 
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