Qu’est-ce qu’un ciel sans nuage ?
Une lande déserte où ne pousse aucun arbre ?
Une fleur bleue stérile incapable de fruit ?
L’eau stagnante d’un puits dont on ne voit nulle onde ?
Une voix monocorde à endormir les rats ?
Un visage sans sourire ?
Un air que l’on respire sans s’en apercevoir ?
Une vie de légume chère à nos prix Nobel ?
Un mets fade où tout manque (hors l’énergie stupide) ?
Un vin mal charpenté dont l’ivresse est absente ?
Un cidre doux ?
Un coca light ?
Des possessions partout mais pas une émotion ?
Un néant amnésique où même les particules
N’osent se rencontrer par peur du ridicule ?
J’aime ton ciel changeant, ta peau blanche et piquée
De cent petits défauts qu’Amalthée te donna.
J’aime ta cicatrice cachée au creux du sein,
Ta voix tout en nuances,
Tes yeux changeants,
Ton rire clair, campanella,
Une larme parfois, mais bien vite asséchée,
Tes boucles intrépides bravant les alizés,
Tes châteaux en Espagne et tes moulins à vent,
Tes jupes de bohême et ton dressing parfait.
Jamais où l’on t’attend, toujours où l’on t’espère.
J’aime que tu sois là quand, moi, je suis ailleurs
Perdu dans le « sérieux », incapable de jeu,
J’aime ton air mutin qui me réveille un peu.
J’aime ton ciel et tes nuages et toi, vivante.
Jean-Marie Gandois

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