C’était en été.
J’avais longtemps marché entre les cades et les chênes verts.
Au sortir du bois, je la vis.
Calme,
Etalée en plein soleil,
D’une blancheur éclatante.
Une pente douce d’herbes folles montait jusqu’au seuil.
Derrière, très loin derrière, les collines, puis les montagnes,
Là-bas tout au fond.
Je stoppai pour l’admirer.
La regardai sans broncher.
Le bleu parfait du ciel se reflétait dans ses deux grandes fenêtres.
Au-dessus, un peu de chaume doré, en désordre.
Quelques moutons frisés, ça et là, à droite et à gauche.
J’avais l’impression qu’elle me regardait.
« Approche, approche... ».
J’avançais lentement.
J’étais maintenant tout près...
Sa porte était entr’ouverte.
(Mon coeur fit un grand « toc »).
Je m’y glissai,
La poussai,
D’abord doucement, tendrement,
(Je crus percevoir une résistance),
Puis je n’y tins plus.
La curiosité devint désir, le désir devint passion, la passion devint folie, mon âme un cyclone, mon corps un hurlement, une
vague...
Une vague.
Un halo de chaleur sucrée m’envahit.
La terre fit trois tours sur elle-même.
L’univers entier se fit Un, ici et maintenant.
Les fenêtres bleues se refermèrent tendrement.
Je sentis sa chaleur m’envelopper.
Je m’endormis.
J’étais arrivé.
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