J'ai retrouvé ce coup de coeur. C'était en 2000. Coup de
coeur à un bébé naissant : la première petite fille d'un ami. Il était tellement heureux (et nous, collègues de travail, aussi).
Petite Gaëlle, huitième merveille du monde.
Je ne sais pas d'où tu viens. Parachutée comme ça, au bout du fil de la vie, dans ce monde si épineux, si âpre. Mais ce que je sais c'est que tu
as bien choisi ton port d'attache.
Regarde, écoute la joie de ton papa. Lui, si discret d'habitude, il déborde, il exulte, explose, il est fou de toi...déjà.
A peine 15 jours de vie et déjà tes yeux et ta bouche sont une promesse d'amour. (Tu vas faire des ravages à la crèche !).
Je sais que la vie t'a mise entre de bonnes mains. J'ai confiance. Tu n'as qu'à te laisser glisser, doucement, grandir naturellement. Asticoter un peu tes parents, de temps en temps, juste pour
qu'ils ne s'endorment pas. Et tout ira bien.
Je te souhaite d'avoir tout le bonheur du monde, de faire tout le bonheur possible, de rester toi-même quoiqu'il arrive, et de refaire le monde. (On a toujours besoin des enfants pour refaire le
monde, parce que les adultes oublient parfois qu'ils ont été des enfants, et quand ils sont vieux et cons, c'est à ce moment là qu'on les élit pour s'occuper du monde !).
Mille baisers.
Tonton Jean-Marie.
L'orchestre symphonique de la Poste et de France Telecom met à l'honneur Félix Mendelssohn lors de deux concerts : le premier, vendredi 21 mars à 20h30 à Antony et
samedi 29 mars à 20h30 à Sainte-Clotilde.
Au programme, la très belle ouverture de Mélusine, puis le si célèbre concerto en mi mineur pour violon et orchestre. Enfin, la pétillante symphonie italienne.
On retrouve dans ces trois oeuvres à la fois la science de la composition, la fougue et la douceur presque féminine du compositeur. Une douce lumière pour Mélusine introduite par la flûte avant
un ostinato aux accents rageurs, de la passion pour le concerto, et de l'Asti Spumante pour la symphonie avec cet extraordinaire passage fugué du premier mouvement, délicatement ourlé comme une
fine dentelle, et aussi cette douce barcarole du deuxième mouvement avec ces toutes petites touches sonores comme des goutelettes d'eau tombant sur le Grand Canal. Le troisième mouvement est,
lui, une sorte de menuet romantique, moins rigoureux dans la forme que le menuet classique, mais on y retrouve bien le style, avec un trio joué par les cuivres. Et puis l'époustoufflante
Saltarelle qui nous propulse dans une folie carnavalesque au rythme intense enchaîné ensuite par une de longues phrases liées coulant comme de l'eau et ponctuées par de minuscules et
délicats accents et trilles. Le rythme endiablé est repris dans la coda disparaissant progressivement vers le pianissimo d'où éclatent les accords finaux.
Rien que du bonheur.
Détails : http://pagesperso-orange.fr/symphonique.chorale/actuconcert.htm
Te savoir si
loin À Bénédicte
Quand tu partis aux Alpes, il y a des années
Je fus ému aux larmes au bord du quai de gare.
Hier c’était à New York que tu fus amenée.
Aujourd’hui c’est la Chine, et ma raison s’égare
Tant il est difficile de te savoir si loin.
Que ferai-je quand tu m’annonceras, demain
Partir pour Jupiter, voir ses lunes dorées
Ou bien encor Saturne aux anneaux chamarrés
Devrai-je m’endurcir ou subir mon émoi ?
Me raisonner, peut-être ? Non. Je resterai « moi ».
Les dix mots proposés cette année :
Apprivoiser - Boussole - Jubilatoire - Palabre - Passerelle - Rhizome - S'attabler - Tact - Toi - Visage
Comment t'apprivoiser,
Toi, si frêle et sauvage,
Sans faute de tact ?
Comment tendre vers toi
Cette légère passerelle d'amour
Pour illuminer ton visage ?
O, mon coeur, cesse là tes palabres !
Baisse d'un ton ton air jubilatoire,
Aère un peu tes racines enfouies
Telles un rhizome poussiéreux.
Viens t'attabler au Parnasse des muses.
Deviens son guide, sois sa boussole,
Et peut-être détournera-t-elle les yeux vers toi.
S'il fallait m'attabler au déjeuner d'Hadès,
Ecouter ses palabres et autres arguties,
Subir son ton jubilatoire
Et ses fautes de tact,
Je le ferais.
Je creuserais la terre comme fait le rhizome,
M'aidant d'une boussole pour en trouver le centre,
Etablir enfin une passerelle entre lui et moi.
Je le fixerais du regard et penserais très fort à toi.
Puis, seulement, je lui montrerais ton visage.
Alors, je suis certain que je l'apprivoiserais.
Phil posa son pied sur cet erg orangé à l'infini. La mission "Human on Mars" s'était parfaitement déroulée jusque là. La passerelle de titane
brillait aux faibles rayons d'un soleil lointain. Peu avant d'ouvrir le sas, Phil et Rocky, le commandant de la mission, s'étaient attablés autour de la table
ronde électronique. Ils avaient relevé tous les paramètres fournis par les appareils : température, pression, rayonnement cosmique, radioactivité, boussole...
Tout était "nominal". "Allez mon vieux ! C'est à toi, maintenant !" avait dit le Commandant à Phil, avec un visage
jubilatoire. Phil se remémorait cette injonction avec une légère angoisse alors que son regard balayait ce désert mort. Soudain il crut voir bouger un caillou
situé à quelques mètres de lui. S'agissait-il d'une illusion ? Mais il en vit un autre, basculer. Puis d'autres encore. De petites buttes de terre martienne semblaient se former tout autour du MLP
(Martian Landing Platform). Phil appela Rocky. Pas de palabres ni de preuve de tact. Juste un cri étouffé "Rocky ! Vite
!". Puis, du sommet des mottes, jaillirent des espèces d'organismes, mi vers, mi rhizomes, se dandinant au-dessu du sol. Après une longue minute d'observation
immobile et voyant qu'aucune attaque ne semblait se produire, Phil reprit ses esprits et une quetion lui vint : "comment vais-je les apprivoiser ?"
Elections
Faut-il vraiment s’attabler autour de ce mauvais champagne, écouter ses palabres interminables et creux ? Faut-il adhérer à ses grossières
manœuvres souterraines, comme le fait le rhizome avide de territoires ? Devrions-nous nous laisser apprivoiser par son visage souriant et
feindre une expression jubilatoire puis avaler sans broncher son manque de tact et sa grossièreté, tout ça pour un bulletin dans l’urne ? Nous n’avons
besoin ni de boussole ni de passerelle pour savoir où aller. Qu’en penses-tu, toi ?
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