C’est au seuil du sommeil que me viennent les ombres,
Sournoises, venues d’ailleurs, d’on ne sait quel Enfer,
Comme nuage noir issu du subconscient,
Au point que m’endormir profondément m’effraie.
L’ombre noire, liquide, avance par volutes
Faisant naître à mon front des gouttes de sueur
Jusqu’au sursaut violent de tout mon corps raidi.
Je cherche alors à tâtons la lumière,
Te regarde,
Belle endormie.
Un sourire infléchit la commissure de tes lèvres,
Ta peau de lait frémit au dessus de ton sein,
Tes cheveux d’or, si joliment défaits,
Abandonnent une boucle auprès de tes paupières.
Je te regarde ainsi longtemps, longtemps, si belle et si calme.
Puis enfin, apaisé, je redeviens l’homme qui t’aime.