Elle avait, de la lumière, son regard.
Elle avait, de l’énergie, sa volonté.
Elle avait, de l’espace, son immense affinité.
De la matière, elle avait modelé un corps de Reine ;
De la couleur, elle en avait peint ses yeux et ses lèvres ;
De l’esprit, elle en avait saisi l’intelligence ;
Du vent, elle en avait fait un jeu
Soulevant ses boucles dorées ;
Des formes et du mouvement
Elle en avait fait un Art.
A sa manière de se mouvoir
Elle animait Botticelli ;
Sa peau lumineuse était Vermeer ;
Sa voix était Pamina ;
Ses yeux, onyx ;
Ses gestes, Siam.
Et quand elle disait « Bonjour »
Tu ressentais « Bon jour ».
Quand elle te regardait
Tu ne pouvais mentir.
Distance ? Pas. Elle était là.
Le temps n’existait pas pour elle.
Sa communication était une évidence
Et évident était son rire… que j’entends au fond de moi.
Réalité ? Mon univers ? Peut-être.
Ach, ich fühl's, es ist verschwunden(*)
(*) Ah, je le sens, il s'est enfui – Air de Pamina - Die Zauberflöte – Wolfgang Amadeus Mozart